Unigold (UGD) : quand Barrick valide ce que le marché sous-estime

  • Dernière modification de la publication :4 juin 2026
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Qui est Unigold ?

Unigold Inc. (TSXV : UGD) est une société d’exploration minière junior canadienne spécialisée dans l’or. Elle opère exclusivement en République Dominicaine, juridiction qu’elle connaît depuis plus de 20 ans (depuis 2002) et où elle est aujourd’hui l’acteur le plus actif. Son actif principal est le projet Candelones, situé dans la concession Neita Sur (province de Dajabón, nord-ouest du pays).

Le gisement présente un potentiel multi-million d’onces (oxyde en surface + sulphures plus profonds). Unigold détient également la concession Neita Norte via un accord d’earn-in avec Barrick Gold (jusqu’à 60 % d’intérêt pour Barrick contre 12 M$ US de dépenses sur 8 ans et la livraison d’une étude de préfaisabilité).

Cette structure est classique des juniors aurifères de qualité : un actif de taille avec une première phase à faible risque (oxyde) et un upside significatif sur les sulphures, le tout dans une juridiction qui accueille déjà le plus grand producteur d’or d’Amérique latine (Pueblo Viejo, Barrick/Newmont).

Les métriques du projet : de l’or, beaucoup d’or (sur le papier)

Le projet Candelones se compose de deux volets bien distincts, ce qui est à la fois la force et la complexité de la thèse d’investissement :

Volet oxyde (le « starter project ») : Unigold a planifié un développement initial à partir d’un gisement d’oxyde de 120 000 onces d’or. La société a livré une étude de faisabilité bancable fin 2022 sur les gisements d’oxyde. Cette étude, réalisée sur la base d’un prix de l’or de 1 650 USD/oz, a montré un TRI après impôt de 44% et un retour sur investissement de 1,5 an. À titre de précision, avec un prix de l’or qui dépasse aujourd’hui allègrement les 3 000 USD/oz, ces chiffres seraient aujourd’hui nettement plus flatteurs.

L’étude de faisabilité prévoyait une exploitation en tas lessivés à 5 000 tonnes par jour, avec une production annuelle moyenne de 31 400 oz d’or, des coûts de maintien tout compris (AISC) de 829 USD/oz, et un capex initial de 36 millions USD.

Volet sulfure (la vraie optionnalité) : La société détient un gisement de sulfures plus important, totalisant 2,3 millions d’onces d’or. Une étude technique de 2015 avait estimé une ressource inférée de 5,2 Mt à 5,27 g/t Au et 0,35% Cu, soit 894 000 oz Au et 41,2 Mlb Cu. Les forages plus récents ont significativement étoffé ces estimations — environ 310 000 onces ont été transférées de la classification souterraine vers la ressource à ciel ouvert, et 200 000 onces supplémentaires ont été ajoutées grâce aux nouveaux forages.

Parmi les résultats de forage marquants sur le gisement Extension : le premier sondage testant les systèmes hydrothermaux épithermaux a recoupé un intervalle haute teneur de 14 m à 14,94 g/t Au, 51,6 g/t Ag, 0,3% Cu, 3,6% Zn, et un second intervalle de 6 m à 10,30 g/t Au. Même pour un junior minier, ce genre d’intercept est de nature à faire battre les cœurs plus vite que d’habitude.

Le partenariat avec Barrick Gold

L’un des éléments les plus structurants de la thèse Unigold est sans conteste l’entrée de Barrick Gold au capital. Pour mettre les choses en perspective, Barrick est l’une des plus grandes companies aurifères mondiales. En juillet 2023, Unigold a accordé à Barrick l’option exclusive d’acquérir une participation indivise de 60% dans la concession d’exploration Neita Norte. Pour ce faire, Barrick doit engager au moins 2,5 millions USD dans les trois premières années, puis un total d’au moins 8 millions USD sur six ans en livrant une évaluation économique préliminaire, et enfin un total d’au moins 12 millions USD sur huit ans en livrant une étude de préfaisabilité (« prefeasability study »).

Barrick peut, par la suite, porter sa participation à 80% en finançant seul la réalisation d’une étude de faisabilité dans les quatre années suivantes. Autrement dit, si Barrick a jugé bon de mettre des millions de dollars sur la table pour explorer la propriété voisine, c’est que la géologie de la région leur paraît sérieusement intéressante. On peut sans doute leur faire confiance et en ce sens, c’est le meilleur acte de reconnaissance que puisse recevoir un junior.

Les dernières nouvelles

La bonne nouvelle : l’ESIA en bonne voie

Unigold a complété un programme de sensibilisation des parties prenantes en février 2026. Les résultats préliminaires montrent un soutien écrasant (plus de 70%) pour l’accélération des études environnementales et des consultations communautaires. Une portion similaire de répondants a indiqué que le projet devrait aller de l’avant si les résultats des évaluations d’impact environnemental et social sont positifs.

Avec plus de cinq années de données environnementales de référence et une visite de site gouvernementale prévue comme dernière étape avant la délivrance des termes de référence, Unigold prévoit de soumettre une étude ESIA initiale fin T2 2026, de conduire un processus d’approbation et de consultation de 12 mois, et d’avancer l’ingénierie détaillée afin que la construction du projet oxyde de 100 000 onces puisse commencer rapidement une fois l’approbation obtenue. The Globe and Mail

La mauvaise nouvelle : l’effet GoldQuest

Le 4 mai 2026, le président Luis Abinader a annoncé l’arrêt des activités liées au projet Romero de GoldQuest Mining en réponse à des préoccupations publiques. La déclaration du Président était spécifique au projet Romero, et Unigold a confirmé qu’elle ne s’étend pas aux autres projets miniers ou d’exploration opérant dans le pays, y compris les projets Neita Norte et Neita Sur. Newsfile Corp

Ce qui s’est déroulé dans la province de San Juan en mai 2026 est une étude de cas montrant comment la sécurité de l’eau, l’identité agricole et la réactivité politique peuvent se combiner pour invalider deux décennies d’investissement dans le développement de ressources en quelques jours. Substack

La distinction géographique et géologique est réelle — les projets d’Unigold sont situés dans la province de Dajabón, à l’autre bout du pays, et bénéficient d’un fort ancrage communautaire. Mais dans le petit monde des juniors miniers en RD, un mauvais vent peut souffler sur toutes les enseignes. Le marché ne fait pas toujours dans la nuance. La chute du cours immédiatement après cette annonce est très visible sur le graphique.

Unigold souligne qu’elle est bien financée, avec plus de 9 millions CAD en trésorerie au 31 mars 2026, et qu’elle ne prévoit aucune interruption de ses programmes d’exploration pour le reste de 2026.Les dernières nouvelles

La bonne nouvelle : l’ESIA en bonne voie

Unigold a complété un programme de sensibilisation des parties prenantes en février 2026. Les résultats préliminaires montrent un soutien écrasant (plus de 70%) pour l’accélération des études environnementales et des consultations communautaires. Une portion similaire de répondants a indiqué que le projet devrait aller de l’avant si les résultats des évaluations d’impact environnemental et social sont positifs.

Avec plus de cinq années de données environnementales de référence et une visite de site gouvernementale prévue comme dernière étape avant la délivrance des termes de référence, Unigold prévoit de soumettre une étude ESIA initiale fin T2 2026, de conduire un processus d’approbation et de consultation de 12 mois, et d’avancer l’ingénierie détaillée afin que la construction du projet oxyde de 100 000 onces puisse commencer rapidement une fois l’approbation obtenue. The Globe and Mail

La mauvaise nouvelle : l’effet GoldQuest

Le 4 mai 2026, le président Luis Abinader a annoncé l’arrêt des activités liées au projet Romero de GoldQuest Mining en réponse à des préoccupations publiques. La déclaration du Président était spécifique au projet Romero, et Unigold a confirmé qu’elle ne s’étend pas aux autres projets miniers ou d’exploration opérant dans le pays, y compris les projets Neita Norte et Neita Sur. Newsfile Corp

Ce qui s’est déroulé dans la province de San Juan en mai 2026 est une étude de cas montrant comment la sécurité de l’eau, l’identité agricole et la réactivité politique peuvent se combiner pour invalider deux décennies d’investissement dans le développement de ressources en quelques jours. Substack

La distinction géographique et géologique est réelle — les projets d’Unigold sont situés dans la province de Dajabón, à l’autre bout du pays, et bénéficient d’un fort ancrage communautaire. Mais dans le petit monde des juniors miniers en RD, un mauvais vent peut souffler sur toutes les enseignes. Le marché ne fait pas toujours dans la nuance. La chute du cours immédiatement après cette annonce est très visible sur le graphique ci-dessous :

Unigold souligne qu’elle est bien financée, avec plus de 9 millions CAD en trésorerie au 31 mars 2026, et qu’elle ne prévoit aucune interruption de ses programmes d’exploration pour le reste de 2026.

Management et achat par les « insiders »

Unigold étant une exploratrice, elle ne sera pas jugée sur ses chiffres ( il n’y a pas encore de revenus) mais plutôt sur d’autres facteurs à commencer par la qualité du management. Dans les juniors minières, ce point est un facteur décisif, car la science ne vaut que ce que valent les hommes qui la mettent en œuvre.

Joseph Hamilton, Chairman et CEO, est un vétéran du secteur. Le 31 mars 2026, Joseph Hamilton a exercé des options pour acheter 1 million d’actions à un prix d’exercice d’environ 0,30 CA et ce pour un montant total de 300 000 CAD. Depuis juin 2025, la participation individuelle directe de Hamilton est passée de 3,66 millions d’actions à 3,79 millions. Un CEO qui sort 300 000 CA$ de sa propre poche pour acheter des actions de sa société à 0,30 alors que le cours vaut aujourd’hui 0,275, c’est soit de la conviction, soit de l’entêtement. Dans l’univers minier, on a tendance à appeler ça de l’alignement d’intérêts.

Un point à nuancer, toutefois : les « insiders » ont collectivement vendu pour 186 000 CA$ de plus qu’ils n’ont acheté via des options et des transactions sur le marché au cours des 12 derniers mois. Par exemple, le 19 mars, Charles Page a vendu environ 225 000 actions sur le marché à environ 0,40 CA$ par action, ce qui représentait 33% de sa participation individuelle directe à l’époque.

Côté actionnariat notable, Eric Sprott détient 22,4 millions d’actions d’Unigold, représentant environ 8% du capital. La présence du légendaire investisseur minier canadien au capital est traditionnellement vue comme un signal positif par le marché — même si ses warrants ont expiré sans être exercés en juin 2025, ce qui ne traduit pas un enthousiasme débordant. De plus, en février 2026, la transaction a inclus la participation d’investisseurs individuels dominicains, Andrés Marranzini pour 3,1 millions d’unités et Juana Barcelo pour 3,9 millions d’unités, ce qui témoigne d’un ancrage local croissant.

Analyse graphique

Le titre UGD est typiquement volatil, comme la plupart des juniors aurifères. Après des creux autour de 0,04-0,08 $ C$ en 2023, l’action a réalisé une très belle performance haussière (+170 % à +240 % sur un an selon les périodes, et +60 % environ depuis le début 2026), portée par la hausse de l’or et les avancées du projet.

Récemment, le titre a connu une volatilité marquée avec des swings importants (jusqu’à +10 % en une séance sur fort volume, suivis de corrections). À la date de rédaction de cet article (début juin 2026), le cours évolue autour de 0,25-0,28 $.

La tendance de fond reste haussière sur le long terme, mais les corrections rapides sont fréquentes – typique d’un dossier à fort levier sur l’or et sur les catalyseurs d’avancement.

Chez Power Trade, nous rappelons souvent dans ses vidéos et analyses que ces configurations techniques sur les minières aurifères peuvent offrir des points d’entrée intéressants lors des phases de consolidation, à condition de respecter une gestion stricte du risque (taille de position, stop mental, etc.).

Évaluation et perspectives

Les catalyseurs à surveiller :

  • Obtention de la concession d’exploitation (Neita Sur) : c’est le déclencheur principal. La demande est sur le bureau présidentiel depuis 2022 avec des recommandations favorables. Chaque mois qui passe est une incertitude supplémentaire.
  • Dépôt de l’ESIA initiale (fin T2 2026) : un jalon attendu sous peu qui devrait relancer le momentum s’il est tenu.
  • Avancées des forages de Barrick sur Neita Norte : tout résultat positif de Barrick serait un catalyseur de premier plan, validant la géologie à grande échelle.
  • Prix de l’or : avec des cours autour de 3 000+ USD/oz, les économies du projet sont radicalement différentes de celles modélisées dans la faisabilité 2022. Une mise à jour des paramètres économiques serait bienvenue.

Les risques à ne pas minimiser :

  • Le risque juridictionnel en République Dominicaine reste le risque principal. L’épisode GoldQuest a rappelé brutalement que la volonté politique peut primer sur la logique économique et scientifique, même pour des projets techniquement solides. Ce qui s’est passé en mai 2026 est un cas d’école sur la façon dont la sécurité de l’eau, l’identité agricole et la réactivité politique peuvent se combiner pour inverser des décennies d’investissement en quelques jours.
  • Les délais de permis : la demande de concession d’exploitation a été soumise début 2022. Attendre plus de quatre ans une décision présidentielle, même avec des recommandations favorables, n’est pas sans rappeler le mythe de Sisyphe — avec moins d’exercice physique.
  • La dilution : la société a multiplié les placements privés à des prix variables. La base actionnariale s’est progressivement étoffée, diluant les actionnaires historiques.

Unigold présente une combinaison rare pour un junior — un projet avancé avec faisabilité bancable, un partenaire de premier rang (Barrick), une trésorerie solide, et un soutien communautaire documenté. La décote actuelle par rapport au «NAV » (Net Asset Value), estimée historiquement autour de 30% du NAV selon Crux Investor reflète le risque de permis, et non la médiocrité du projet. Si la concession d’exploitation est octroyée — ce qui, à en croire les communiqués, semble une question de « quand » plus que de « si » — le potentiel de réévaluation est substantiel. À l’inverse, tout nouveau choc politique dominicain pourrait faire fondre le cours comme neige au soleil caraïbéen.

En résumé : Unigold, c’est un projet solide dans une juridiction qui teste régulièrement la patience de ses investisseurs.

Le problème éventuel vient principalement du fait que les juniors exploratrices ne sont pas spécifiquement à la mode. Pour l’investisseur en quête de momentum, les productrices sont actuellement sur des tendances bien plus intéressantes.


Cours à la date de l’écriture de l’article : 0,28 CAD.

Ce post n’est en aucune façon un conseil d’investissement.

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