Edenred : la réponse était dans le nom de l’action !!!

  • Dernière modification de la publication :28 mars 2026
  • Commentaires de la publication :0 commentaire

Il ne faut pas seulement se gargariser de ses succès. Il faut aussi savoir reconnaitre ses échecs et ne pas simplement les glisser sous le tapis en espérant qu’ils soient masqués par la poussière, qui s’y cache depuis un certain temps déjà.

C’est vrai : l’action Edenred était et est toujours dans le portefeuille « Value ».

Nous l’avons rentré dans le portefeuille le 16 Février à un prix moyen de 17,48 € par titre et il nous semblait bien que cela constituait un prix plancher pour Edenred.

Bertrand Dumazy, le PDG, avait pourtant su se montrer rassurant, en particulier dans cette interview avec David Jacquot.


N’oublions pas qu’il n’y a pas si longtemps, le 28 octobre 2025, suite à la publication des chiffres du troisième trimestre, l’action était remontée au-dessus de 26 €. Cette « euphorie » de court terme n’aura pas duré longtemps.
Si l’on reprend le calendrier, à partir des résultats du T3 :
21 octobre 2025 : Publication du chiffre d’affaires du T3 2025.
Edenred annonce une accélération forte : +8,2 % de croissance organique du CA opérationnel (667 M€) et +7,3 % du revenu total (726 M€), bien au-dessus du rythme du S1.
L’action bondit de +13 % à +19,6 % en une séance (selon les sources).
Le lendemain, l’élan se poursuit. L’action atteint son plus haut niveau récent au-dessus de 26 € (plus haut intraday 26,18 €, clôture à 26,07 €).
À ce moment-là, le marché salue la solidité du modèle et la confirmation des objectifs annuels 2025 (+10 % minimum d’EBITDA organique).

A partir de novembre et jusqu’à la mi-mars 2026, le cours baisse lentement mais sûrement.
4 novembre 2025 : Présentation du plan stratégique Amplify 25-28. Objectifs confirmés sur 3 ans, mais le marché commence à intégrer les risques réglementaires (changements au Brésil et en Italie).
De novembre 2025 à février 2026 : L’action redescend progressivement de 26 € vers 18-19 €.
Raisons principales : anticipation des vents réglementaires (plafonnement des commissions au Brésil via décret présidentiel et évolutions en Italie).


Le 24 février 2026, c’est la publication des résultats annuels 2025 avec un exercice record :

  • EBITDA +11,2 % (au-dessus de l’objectif)
  • Résultat net part du groupe +2,8 % (521 M€)
  • BPA ajusté record à 2,59 € (+10 %)
  • Dividende proposé : 1,33 € (+10 %)
  • Rachats d’actions pour 125 M€.

Le marché adopte initialement un comportement positif : l’action gagne +6 à +8 % le jour même (vers 19,4-19,6 €). Mais en finalité le marché retient surtout la guidance 2026 prudente : baisse de l’EBITDA de 8 à 12 % en données comparables (liée aux réglementations Brésil/Italie). Et donc l’action reprend ensuite son chemin baissier.
Fin mars (25 mars 2026), l’action cote autour de 18,58 € (déjà -29 % par rapport au pic d’octobre).
Le 26 mars 2026 au matin : Edenred annonce être visée par une enquête de l’Autorité de la concurrence italienne (AGCM) pour abus présumé de position dominante sur le marché des titres-restaurant. On observe pêle-mêle :
*) Une plainte déposée par des acteurs de la grande distribution.
*) Des soupçons : répercussion de « coûts injustifiés » sur les distributeurs (modification unilatérale des conditions d’acceptation des titres électroniques, délais de remboursement plus longs, etc.).
*) Des perquisitions menées (la veille) dans les locaux d’Edenred Italia et d’autres acteurs.
La réaction boursière est très violente avec une baisse de -12 % à -17 % en une séance.
La clôture se fait à 15,39 € (plus bas depuis longtemps). Le volume est exceptionnel (plus de 3,6 millions de titres échangés). Bien entendu, c’est la plus forte baisse du SBF 120 ce jour-là.

Ce n’est pas la première affaire italienne (il y avait déjà une enquête en cours sur un appel d’offres public), mais celle-ci touche directement le cœur du business des titres-restaurant.
 L’action a donc perdu environ 40 % de sa valeur entre le sommet d’octobre 2025 et le 26 mars 2026, avec une accélération brutale sur la dernière nouvelle.

Pourquoi s’embêter à aller dans les Alpes descendre des pistes noires… Alors qu’on peut se laisser glisser sur la pente Edenred ?

Pour la petite histoire, Bertrand Dumazy a été nommé PDG le 11 septembre 2015.
Le jour de l’annonce, l’action a baissé d’environ 5,3 % et a clôturé autour de 15,97 €.
Le marché avait alors réagi négativement à la nomination (craintes sur la stratégie au Brésil notamment). Comme c’est bizarre !
Le cours avait clôturé à 15,97 €. Presque 11 ans plus tard, ce 28 mars 2026, le cours a clôturé à 15,72 €.
Vous pouvez retrouver le détail de sa nomination et comment le marché avait réagi négativement dans cet article des Echos.

Comme je suis équipé des dernières technologies, j’ai tapé sur mon minitel flambant neuf, le 36 15 JAIPASHONTE pour avoir la confirmation que le salaire de ce cher Bertrand au titre de 2025 est bien de :

  • 1 030 000 € par an, pour le salaire de base
  • 1 726 463 € pour le bonus annuel

Bravo Bertrand ! C’est bien joué. Continue à tronçonner le pouvoir d’achat de tes actionnaires. Et n’hésite pas à demander le paiement de tous tes bonus. Et si malgré tout, il te reste un peu de temps, essaie de faire en sorte que le business d’Edenred soit moins dépendant des subsides gouvernementaux.


Alors, que faire de ses actions Edenred pour les quelques malheureux qui en ont encore (à commencer par votre serviteur) ?

Chez Power Trade, nous n’avons pas l’habitude de donner des conseils à nos lecteurs. Malgré tout, pour obtenir une opinion avisée, nous nous sommes rendus en Terre du Milieu à la rencontre du magicien Gandalf, qui a fort à faire pour lutter contre les forces des Ténèbres.

Nous l’avons finalement retrouvé dans les mines de la Moria alors qu’il se baladait avec un petit groupe à la recherche d’on ne sait quoi. Nous n’avons pas eu le temps de discuter assez longtemps, car il était aux prises avec une bestiole armée d’un gros fouet. Mais nous avons eu le temps de le questionner sur nos actions Edenred et voici sa réponse précise, capturée dans l’instant par notre photographe.

Regardez bien cette photo, car elle est symptomatique : le visage de Gandalf semble exprimer l’horreur, la stupéfaction et même un peu l’incrédulité.

Est-ce la perspective de chuter de plusieurs kilomètres de hauteur ou bien le fait d’apprendre que nous étions bien chargés en actions Edenred ?

Personnellement, je suis d’avis que c’est un peu des deux. Et vous, qu’en pensez-vous ?

Laisser un commentaire